Musée de la Poste

lundi, 25 juin 2012

Dans le cadre des projets de Poste Immo, la SCI Tertiaire, représentée par le siège de Poste Immo, s’engage dans une opération immobilière importante pour le Groupe La Poste et envisage la restructuration lourde de l’immeuble patrimonial abritant le Musée d’entreprise du Groupe dénommé « L’Adresse Musée de La Poste » et de ses services.
La Poste est l’un des rares groupes industriels à posséder un musée d’entreprise consacré à l’histoire de son activité. L’immeuble, dont la construction s’est achevée en 1973, est situé au 34 boulevard de Vaugirard dans le 15ème arrondissement de Paris.

En outre, Poste Immo, en tant qu’acteur immobilier responsable, souhaite atteindre des objectifs environnementaux ambitieux et novateur pour ce site muséal.

Quelques premières réflexions sur l’approche Environnementale, Energétique et Technique pour la transformation et l’optimisation des espaces du Musée de La Poste.

Une conception environnementale sincère de ce projet doit se fixer pour objectifs d’intégrer, et non pas contourner, les 2 contraintes du projet :
  • Respecter un patrimoine bâti : comment rendre compatible cette façade avec des objectifs de performances thermiques et de besoins de lumière naturelle ?
  • Réaliser un espace muséographique : même sans obligations réglementaires (le « process » musée n’est pas soumis à la réglementation thermique), un tel projet ne peut être mené sans se donner un objectif global fort de minimisation des besoins énergétiques tous usages confondus. C’est notamment parce que, pour ce type de projet (musée et réhabilitation), les contraintes réglementaires (RT) ou la recherche de certifications (HQE, …) ou labels (BBC, …) n’intègrent pas naturellement les enjeux environnementaux majeurs qu’il faut veiller à ne pas se satisfaire des seules étiquettes environnementales et énergétiques.
2012 Musee de la Poste1Pour ce projet de réhabilitation c’est la RT existante qui s’applique et on visera donc le plus performant des 2 enjeux : BBC Rénovation (Cep < Cepréf – 40%) à défaut, pour l’instant, de BBC+ basé sur la RT2012 ou Plan climat de Paris (80kWhep/m².an sur les postes réglementaires).
Mais, plus encore on s’attachera à maîtriser les consommations tous usages confondus. Si les propositions doivent naturellement viser l’atteinte d’un niveau de confort satisfaisant pour les œuvres et les occupants, il n’est, notamment, ni question de « climatiser une passoire thermique » ni d’éclairer artificiellement un lieu qui devrait bénéficier de la meilleure lumière naturelle tant pour les œuvres que pour les visiteurs.
La « re »-conception du bâti est une priorité dans l’approche des réductions des besoins énergétiques thermiques (été et hiver) mais également autres (éclairage, ventilation, …).

Au-delà de la façade remarquable, la conservation de l’enveloppe crée, même à petite échelle, un double enjeu de développement sinon durable du moins intelligent :
  • La préservation, pour partie, du bâti existant est cohérente avec l’objectif de minimisation de l’empreinte carbone de l’opération puisque celle-ci est au moins autant déterminée par la construction que par la vie du bâtiment et ses consommations : Cette étude d’optimisation en terme d’impact global, incluant la déconstruction, sera développée au cours de l’étude.
  • Les qualités du bâti existant sont à valoriser ou à retrouver : L’inertie thermique constitue un paramètre important pour tendre vers un fonctionnement passif pour un bâtiment à usage intermittent. Le maintien des conditions de confort, sans production mécanique de froid pour les visiteurs et en minimisant les consommations pour les œuvres est un des enjeux énergétiques majeurs de ce projet. 

Propositions pour l’enveloppe du bâti.
Façade Sud
Il faut, en la respectant, à la fois remédier à ses défauts énergétiques majeurs :
  • Réductions des déperditions thermiques par mise en œuvre d’une isolation thermique intérieure performante,
  • Mise hors d’air avec création d’une peau réellement étanche à l’air,
  • Mise en œuvre, même s’ils représentent une part limitée de cette façade, de vitrage à hautes performances énergétique tant en thermique qu’en maîtrise des apports solaires en combinaison stores-vitrage,
et retrouver ses qualités d’inertie : Un travail est à développer sur l’intérêt d’un doublage intérieur redonnant de l’inertie à cette façade.

Façade Nord
C’est la source de lumière naturelle idéale :
  • Création et gestion de l’éclairage naturel, pour les œuvres et les visiteurs, par la combinaison de vitrage avec une forte transmission lumineuse (supérieure à 70%) et d’occultations modulables. En concevant et gérant l’éclairage artificiel comme un complément de l’éclairage naturel, on minimise les consommations par l’éclairage artificiel, poste majeur des consommations de projets de cette nature,
  • Malgré tout toujours thermiquement moins performant que les parois opaques, les baies vitrées doivent être optimisées pour la lumière naturelle et les vues sur l’extérieur. Leur positionnement doit viser l’efficacité maximum vis-à-vis de ces 2 cibles de confort.

Parois intérieures
Comme on le constate pour la réhabilitation du patrimoine hausmannien, l’isolation thermique par l’intérieur peut générer plus de désagréments que d’économie en réduisant certes les consommations d’hiver mais en créant parallèlement des besoins de rafraîchissement. Un travail spécifique est nécessaire en phase étude pour pallier ce risque et trouver, par toutes les parois, murs, sols, plafonds, une inertie thermique maximum (et qui ne soit pas ensuite neutralisée par les revêtements).

« Puits de lumière – Vitrine géante »
Avec une double fonction de :
  • Puits de lumière ayant vocation à emmener la lumière naturelle au cœur du bâtiment. Une réflexion, intellectuelle, est à développer sur la réflexion, lumineuse, des matériaux intérieurs pour « faire descendre » la lumière. 
  • Limite physique entre l’espace intérieur dans lequel les conditions hygrothermiques sont à maîtriser pour les besoins de conservations et l’espace public maintenu à des conditions de conforts nécessaires et suffisantes (sans « clim ») 
cet élément, au cœur de la proposition architecturale, est également au cœur de l’enjeu de performances.

2012 Musee de la Poste2 Solutions énergétiques
Le cahier des charges demandant « une démarche de réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre » et des solutions d’ « énergies décarbonées produites localement ou en réseau urbain renouvelables », la solution de facilité est de reporter sur le réseau de chaleur la responsabilité d’être renouvelable.
Energétiquement et environnementalement performante, la mise en œuvre de thermofrigopompes utilisant les ressources du sous sol est une solution alternative intéressante mais, à ce stade du projet :
  • Aléatoire car dépendante du potentiel hydro-géologique (à confirmer par des études hydrogéologiques spécifiques) valorisable par utilisation de la nappe phréatique par un doublet de puits (pompage et re-injection) Une solution moins onéreuse mais un peu plus contraignante acoustiquement et architecturalement est une solution de pompe à chaleur sur l’air extérieur. En phase de développement du projet, une étude en cout global (investissement + exploitation) permettra d’arrêter la solution la plus performante.
Ces solutions présentent des avantages :
- intégration architecturale;
- utilisation d’une énergie renouvelable;
- faible impact environnemental (Dans le cas des PAC sur nappe, hors une variation de température limitée, les caractéristiques de l’eau ne sont pas altérées);
- les performances énergétiques sont fortes (1 kWh d’électricité permet de produire 3,5 kWh de chaud).
  • Plus chère en investissement, du fait des forages, qu’une solution de base de type CPCU + Groupe frigorifique.
  • Permettant effectivement que le recours à une énergie décarbonée ne soit pas qu’un simple vœu et, d’offrir une alternative énergétique interessante au traitement climatique des œuvres.
Seules les œuvres nécessitant des conditions de conservations particulières seront traitées au moyen de vitrines spécifiques formant enceintes climatiques. La solution la plus courante est la mise en œuvre de vitrines ayant leur système intégré assurant le contrôle des conditions de température et d’hygrométrie. Ces équipements sont consommateurs d’énergie. En fonction de la quantité de vitrines requises, il sera étudié la possibilité de transferts énergétiques, via la thermofrigopompe utilisée en pompe à chaleur, entre ces vitrines en demande permanente de froid et des locaux en demande de chaud.

Propositions pour les équipements techniques internes aux locaux
  • Ventilation
Il s’agit de concilier maîtrise des consommations et qualité de l’air. L’objectif de réduction des consommations a conduit en France à diminuer les taux de renouvellement d’air neuf à des minimums qui, aujourd’hui, posent question en terme d’hygiène et de qualité de l’air intérieur. La tendance, même si elle est contraire à la limitation des consommations, est à un relèvement des minimums hygiéniques pour se rapprocher des préconisations européennes. Aujourd’hui, il s’agit plus notamment dans des lieux à occupation intermittente tel que ce musée, d’assurer par une gestion asservie à la présence, une qualité d’air adaptée à l’occupation. La récupération d’énergie sur l’air prend ainsi d’autant plus d’importance. La ventilation double flux sera privilégiée. Par ensemble fonctionnel, des centrales équipées d’échangeurs rotatifs à haut rendement assurent la ventilation double flux du bâtiment avec une forte efficacité ce qui permet de prétraiter, en été comme en hiver, l’air neuf de façon gratuite et ainsi de minimiser de façon importante les consommations énergétiques liées au traitement de l’air neuf.

  • Eclairage
L’éclairage est assuré par 2 moyens complémentaires : l’éclairage naturel, gratuit et l’éclairage artificiel, consommateur, conçu comme un complément de l’éclairage naturel.
- Eclairage naturel : L’éclairage naturel est favorisé sans gêner les usagers ni endommager les oeuvres. Les stores modulables permettent de maîtriser la variabilité des conditions extérieures et les risques d’éblouissement.
- Eclairage artificiel : L’éclairage artificiel, tant pour l’éclairage fonctionnel « bâtiment » que pour l’éclairage muséographique est étudié comme complément de l’éclairage naturel pour contribuer au confort visuel des occupants et à la mise en valeur des œuvres avec une performance énergétique maximum pour des consommations strictement adaptées aux besoins.
Autres enjeux environnementaux
Même s’il n’y avait pas d’objectifs de certification, la conception est à aborder dans une approche environnementale complète (illustrée, par exemple, par une démarche de type HQE) qui aborde la qualité environnementale du bâti à travers une démarche transversale. La mise en œuvre de cette démarche se traduit, tout au long du projet, par la gestion de ses deux composantes, l’une organisationnelle et l’autre opérationnelle, interagissant à chaque étape du projet et évoluant avec lui.

Au-delà des enjeux de :
  • Performances énergétiques et de réduction des émissions de gaz à effet de serre,
  • Confort et Santé abordés ci-avant,
les objectifs de La Poste privilégient :
  • Une insertion dans le site
L’enjeu d’insertion du projet dans le site, se traduit essentiellement par 2 aspects : 
- Jardins, patio et terrasses au sud, pour les visiteurs comme pour les riverains, la qualité de ces espaces devra assurer l’intégration du projet dans son environnement,
- La facilité d’accès et la qualité de l’accueil des visiteurs sont déterminantes pour le succès du musée. Au niveau des accès le site de la gare Montparnasse est favorisé. Des stationnements vélos peuvent facilement être multipliés sur le terreplein central du Boulevard. L’identification et le repérage du Musée sont un sujet de réflexion important pour ce bâtiment car en dépit de cette façade si caractéristique, elle est actuellement totalement « non vue ».
  • Bilan Carbone
  • Garantie dans le temps des performances environnementales de l'ouvrage
Pour que cet enjeu soit le plus impactant possible, il conviendra d’en élargir au maximum son périmêtre. Cette définition, à mener avec le Maître d’ouvrage pourra notamment porter sur :
- le processus de construction et de déconstruction incluant chantier et transports,
- la définition et le choix des matériaux,
- l’énergie évidemment,
- les activités du bâtiment, des collaborateurs et des visiteurs,
- ...

2012 Musee de la Poste3A travers le traitement en très Performant de la cible « Pérennité des performances environnementales » se retrouvent les enjeux de :
  • définition et choix des matériaux (Le thème Matériaux se retrouve à travers de nombreux enjeux : Une attention spécifique, plus approfondie qu’à travers la démarche HQE et la collecte des fiches FDES, pourrait être envisagée sur la base, par exemple, des études spécifiques menées sur le sujet dans le cadre d’autres certifications (sans qu’elles soient nécessaires) telles que DGNB.
  • définition, choix et localisation des équipements techniques.